EXPOSITION au NOYER
expo Noyer

"Œuvres Vagabondes"
Exposition d'art contemporain
à l'Ecomusée du Noyer dans les Hautes Alpes.

Ouvert tous les jours en Juillet et Août
de 15h à 19h, tel : 04/92/23/28/02

Autres artistes exposants
Yvan Daumas - Christian Martin-Galtier - Hans Steffens -
Jean-Jacques Surian - Pascal Verbena - Yoma

 

(pour en savoir plus sur Jean-Jacques Surian et Hans Steffens, tapez leur nom sur internet. Pour Yvan Daumas et Christian Martin-Galtier il faut aller sur le site "les caves du logis neuf" ainsi que pour Yoma. Pour Pascal Verbena voici l'adresse de son site http://www.pascalverbena.com)

 

expo Noyer

Yvan DAUMASexpo Noyer

 

 

Pascal VERBENA

 

YOMA

 

Christian MARTIN-GALTIER

 

A la suite de cette exposition, un petit catalogue a été édité, nous présentons ici les textes de Agnès DURAND et (A)NaïS

OEUVRES VAGABONDES

A' l'origine le rêve de Christian,

VOIR dans un même lieu,dans ce lieu, la trace, la preuve matérielle d'une amitié ancienne et fidèle, issue d'un même parcours initiatique à l'école des Beaux Arts de Marseille, ou née de rencontres où la création artistique est l'acteur principal.
Voir dans un même lieu rassemblés ceux qu'il aime et qu'il estime.
Chacun a son univers propre, mais tous sont témoins de cet univers dont nous sommes des fragments, témoins d'instants, ou d'histoires souvent chargés de violence et d'injustice.

Mais la grâce de ces alchimistes détourne l'insoutenable, poétise, allège, transpose dans la couleur et dans l'humour...

Le camp de Milles peut partir en voyage...

Ils voient le monde tel qu'il est avec ses limites, ses massacres, et ses merveilles, et ils ressentent l'urgence de jouer avec, dans la transversalité des arts, y compris l'expression théâtrale, et de rendre visible ce qui ne l'est pas, authentiquement, sincèrement.

               “Circus Wolls” (une co-création donnée à l'école des Beaux Arts de Marseille en 2000) est largement évoqué dans l'exposition par “la chaise à Pascal” (Verbena), créée pour l'occasion, monumentale, trônant au milieu de la salle, et “personnage” de nombreuses aquarelles de Christian Martin Galtier.
               -Gilles Brun travaille les journaux du monde, recycle les bonnes et mauvaises nouvelles et les transforme en sculptures,
               -l'évocation d'une faune improbable surgit du tourbillon des dessins d'Yvan Daumas...
               -Jean Jacques Surian invite à des plongées vers la lumière...
               -Hans Steffens, prédécesseur admiré, tire ses lignes et ses points de la nature et de ses collages.
               -Yoma aime citer une phrase que prononçait son oncle quand elle était enfant “tu vois les yeux qui brillent, c'est le loup dans la forêt” et, à cette évocation, dire “et moi bien sûr à chaque fois je les voyais...mon imaginaire parlait. J'étais fascinée, je jouais le jeu et je continue à essayer de voir l'invisible”

Ce bref inventaire est beaucoup trop restrictif pour évoquer l'invitation au voyage intérieur, l'invitation à partir vers l'inconnu, entre visible et invisible, qui nous est offerte ici. Il ne s'agit pas de parler du travail de ces artistes, mais de se laisser prendre par lui.

VOIR et FAIRE VOIR, tel est l'engagement dont nous pouvons les remercier

“pour voir, il ne faut rien savoir, sauf savoir voir” (WOLLS)
“ce qui est important, ça ne se voit pas” (Antoine de Saint Exupéry Le Petit Prince)

Il n'y a donc plus qu'à aller voir!!...et profiter d'un petit moment d'éternité..

Agnès Durand

LEURS YEUX FACE AU MONDE

              Le regard obscurcit par le temps orageux qui menace les montagnes du Champsaur, je cherche la lumière. Il y a de l'électricité dans l'air. Je sens les doigts aveuglés d'un artiste scruter le papier, le tissus, la toile nus. Là. Voilà que scintillent les peintures de STEFFENS, MARTIN GALTIER et SURIAN. Ce halo de lumière qui vient d'on ne sait où enrobe personnages et couleurs. Leur donne vie, les met en mouvement.

              Il est temps d'ouvrir les yeux sur les montagnes chavirantes qu'ont tracé les pinceaux de YOMA, qu'ont modelé les mains de Gilles BRUN. Montagnes qui se sont formées par une accumulation de papiers journaux, qui donne à l'objet l'aspect de sculpture, tout en inversant l'idée même de sculpture, celle de creuser. Creuser afin de révéler de la matière ce qui semblait s'y cacher. La sculpture a ici vocation d'envahir, rappelant par son matériau même, le journal, l'invasion de la surinformation.

             D'étranges animaux peuplent les creux des montagnes que voici. Ils ont parfois allure humaine. Ce qui les lie tous, c'est l'histoire qu'ils ont à raconter. Une histoire simple. Une histoire... de tripes.
Car si l'on prête volontiers à l'artiste l'idée qu'il crée avec ses tripes, ici les sept posent leurs intérieurs sur la table avec le doigté du boucher confirmé.

             De la trompe de l'éléphant et des tentacules entortillées et menaçantes de la pieuvre de DAUMAS aux “violences” de YOMA, en passant bien sûr par les personnages que cloisonne VERBENA dans ses cases de bois, les viscères se mettent à jour. Quelque devin aimerait peut être y lire l'avenir. Nul besoin. C'est du présent qu'il s'agit. Les bas reliefs de VERBENA esquissent des personnages qui semblent dormir d'un sommeil figé, et que des murs protègent et emprisonnent en même temps, comme un ventre son foetus. Est-il faux d'y avoir des angoisses auxquelles répondent les pieuvres hybrides de DAUMAS, entre le masculin (les tentacules) et le féminin (la bouche), qui ont la facheuse tendance de vouloir engloutir les trompes en érection d'éléphants sans défenses...(les animaux que l'on retrouve aussi fréquemment chez MARTIN GALTIER). Peurs et angoisses des violences de l'humain contre lui-même. “oeil et violences” le souligne bien, et introduit au milieu de cette soupe organique celui sans lequel le plasticien ne serait pas : l'oeil. Le regard que l'on retrouve chez tous les sept, et que l'on ne sait jamais à qui il appartient. Est-ce l'oeil du bourreau ou celui de la victime? Comme au premier plan du tableau de SURIAN, où un homme muni d'énormes lunettes vient s'écraser, menacé par le tuyau (phallique) de l'aspirateur que tient une femme immense, plus imposante encore car révélée par une luminosité détonante. Le pauvre homme regarde le danger en face avec ses deux paires d'yeux. Des lunettes encore chez MARTIN GALTIER témoignent d'une piece de théâtre, impliquant un nouveau regard. Celui du spectateur auquel DUCHAMP avait déjà donné la lourde charge de “faire l'oeuvre”.

               Les yeux que trace MARTIN GALTIER de sa mine ne sont souvent qu'un trait, une fissure qui laisse à peine rentrer la lumière du jour. Ceux de DAUMAS ont quant à eux souvent disparu de leur support crâne et trouvé le moyen d'errer dans l'espace pictural, rejoignant l'oeil témoin de YOMA. Vient parfois s'ajouter à tout ce beau monde un regard nouveau qui passe la tête par la fenêtre de la Chaise “Circus Wols” induisant un point de vue différent encore.

             Voilà un aperçu de cette aventure en sept actes, sept artistes, sept regards différents sur un même monde. Ces yeux sont peut-être ce qu'ils ont de plus cher. Leurs yeux face au monde, leur regard pour l'interpréter.

(A)NaïS 2008

 

EXPOSITIONS : Munich Eté 2010, Mai et Août 2009 , La fin du mond€ 2008, Expo Noyer 2008,
ExpoLibtrarii 2007, Expo chez Laurence Martin 2007